Expérience d’échange étudiant en psychologie

Par Élodie Roy

L’automne dernier, j’ai eu la chance de partir en échange étudiant en Norvège. J’ai fait mes valises et je suis partie seule vivre quatre mois dans un pays complètement nouveau. Cette expérience m’a permis de vivre des aventures incroyables et de me découvrir. Cependant, en tant qu’étudiante du baccalauréat en psychologie ayant l’intention de poursuivre au doctorat, ce choix ne s’est pas fait à la légère. J’ai donc voulu vous partager mon expérience pour vous aider à déterminer si ce projet est quelque chose que vous voudriez vivre aussi. Dans l’article qui suit, je vais vous partager mon expérience personnelle en ce qui concerne les démarches nécessaires à un échange étudiant en psychologie, le contenu et le fonctionnement des cours en Norvège ainsi que les impacts de ce voyage sur moi. 

Je ne vous mentirai pas : les démarches nécessaires pour partir en échange sont assez longues et complexes. Pour commencer, il faut assister à une rencontre d’information offerte par le SRI en collaboration avec le programme du baccalauréat en psychologie. Restez à l’affût, car elle est obligatoire et n’a lieu qu’une fois par année pour les étudiants en psychologie. Cette rencontre explique toutes les étapes liées à une demande d’échange à l’étranger. Par la suite, les étudiants sont responsables de leur propre candidature. Sans entrer dans les détails, il faut se procurer les documents nécessaires et remplir les formulaires demandés. Il faut aussi faire soi-même des recherches pour déterminer à quels établissements nous voudrions appliquer et quels cours nous voulons suivre lors de notre échange. Trouver les cours à suivre et leurs équivalences à l’UQAM est une tâche assez fastidieuse et qui prend beaucoup de temps. Je vous conseille de vous y prendre d’avance! L’application au programme d’échange étudiant implique également l’application à la bourse de mobilité, qui comprend habituellement une somme pour tous les étudiants qui partiront à l’étranger*. Une fois votre candidature retenue, les étapes suivantes vont varier selon le programme d’échange choisi et le pays d’accueil. Le site web du SRI contient plusieurs informations pertinentes sur les différents programmes et pays. Je vous encourage à aller le consulter si vous êtes intéressés. Avant le départ, le SRI donne deux rencontres pré-départ obligatoires abordant les enjeux de mobilité internationale (p. ex. : visa, dangers possibles) et les étapes finales avant de partir. 

Mon échange a inévitablement affecté mon cheminement au baccalauréat. Dans mon cas, je voulais tout faire : l’échange, la thèse de spécialisation et le tout en trois ans. Après beaucoup de Tetris d’horaire, je vous confirme que c’est possible ! J’ai suivi quatre cours à l’étranger, deux cours de psychologie et deux cours libres. Trouver des équivalences pour des cours libres est facile. J’ai même réussi à me faire créditer un cours de norvégien qui ne se donne techniquement pas à l’UQAM. Le plus difficile est de trouver des équivalences pour les cours de psychologie, surtout considérant que nos cours au Québec sont conçus de façon à répondre aux exigences de l’Ordre des psychologues du Québec. Gardez en tête que même si les équivalences sont acceptées, il est possible que les cours suivis à l’étranger ne couvrent pas toute l’étendue de la matière vue à l’UQAM et que vous deviez faire un peu de rattrapage au retour. En ce qui concerne les résultats obtenus à l’étranger, ils ne sont pas transférés à l’UQAM. La mention de succès ou échec est donc attribuée à ces cours, ce qui n’affecte pas la moyenne cumulative. Une autre chose importante à savoir est que faire un semestre à l’étranger signifie aussi se retirer de l’UQAM pendant quelques mois. J’ai malheureusement dû cesser mon travail de laboratoire durant mon échange, car très peu de tâches pouvaient se faire à une aussi grande distance et avec un décalage horaire de plusieurs heures. C’est un risque à prendre, mais l’échange correspond à une expérience en soi. Il témoigne de curiosité, de courage et de débrouillardise. À mon avis, le risque en vaut la peine !

Les cours que j’ai suivis à l’étranger étaient tous en anglais et les Norvégiens parlent bien l’anglais, donc la langue n’a pas été un enjeu pour moi. En Norvège, et en Europe dans la majorité des cas, les cours ne sont pas conduits de la même façon qu’ici. Mon horaire n’était pas constitué de cours fixes chaque semaine. En effet, j’avais certains cours qui se donnaient de manière intensive. Par exemple, pour mon cours d’analyse quantitative, nous avions environ deux lectures, soit des cours magistraux comme les connaît ici, et un séminaire (période d’exercices obligatoire) par semaine durant un mois, suivis d’un examen pour 100 % de la note finale. J’avais également d’autres cours qui suivaient un cheminement plus habituel, avec deux cours par semaine pour toute la session. Les cours avaient généralement une durée d’une à deux heures. Pour mon cours de développement, nous recevions des professeurs invités à chaque cours qui venaient nous parler d’un aspect du développement, souvent celui pour lequel ils sont spécialistes. Les examens étaient séparés des cours dans le sens où nous devions nous inscrire à l’examen comme on s’inscrit à un cours. Il est possible de suivre les cours sans faire les examens et nous devions obtenir le droit de faire l’examen. Au fil de la session, j’avais plusieurs travaux à remettre qui n’étaient pas notés, mais qui étaient préalables à l’examen.

Du côté personnel, les avantages que m’a apportés mon échange sont innombrables. J’habitais en résidence étudiante avec 15 autres étudiants étrangers. J’ai pu me faire des amis provenant de plusieurs pays différents et en apprendre davantage sur leurs cultures respectives. Puisque nous sommes tous arrivés seuls, nous étions pressés de nous faire des amis et avons développé des liens très rapidement. Nous organisions des soupers communs et avons même fait un souper international où chacun faisait un plat typique de son pays. J’ai, entre autres, appris à faire de vrais dumplings grâce à mes colocataires chinoises. J’ai également pu faire de nombreux voyages. J’ai exploré la Norvège, en voiture et en avion, où j’ai pu voir mes premières aurores boréales et des orques en nature. J’ai visité l’Islande où j’ai fait une randonnée sur un glacier. Je suis allée en Italie pour la première fois où j’ai pu visiter le Colisée et Pompéi. Cependant, les voyages ne sont pas à l’origine de tous mes moments marquants. Les journées simples du quotidien, où j’apprenais des expressions québécoises à mes nouvelles amies françaises, où on se réjouissait au moindre rayon de soleil et où on profitait des rabais de fin de journée sur les pâtisseries, sont maintenant tout aussi importantes pour moi. Les souvenirs que je ramène sont d’une valeur incroyable à mes yeux et je n’aurais jamais pu faire tout ça sans mon échange et les personnes que j’y ai rencontrées. 

Somme toute, un échange étudiant est une opportunité en or de découvrir le monde tout en poursuivant ses études et d’élargir ses horizons sur tout ce qu’il a à offrir, que ce soit académiquement ou personnellement. Bien que mon projet ait nécessité de longues heures de préparation et ait apporté son lot d’imprévus, je suis convaincue qu’il en a valu la peine et je recommencerais à tout moment. Par contre, il est important de savoir que ce n’est pas pour tout le monde. Ce n’est pas une démarche facile et c’est une expérience très déstabilisante. Soyez sûr de votre choix et faites vos recherches avant de partir pour éviter de vous retrouver dans une situation malheureuse. Si vous êtes intéressés à faire un échange, je vous encourage à aller consulter le site internet du SRI et à ne pas hésiter à leur écrire avec toute question. Bon voyage! 


*Faites attention, les montants alloués à chaque étudiant participant à un échange peuvent varier d’une année à l’autre en fonction des budgets prévus et du nombre d’étudiants qui participent. 


Corrigé par Émilie Bertrand, Amélie Larrivée, Véronika Marchenko et Isaac Rodier

Révisé par François-Xavier Michaud

Illustration originale par Régina Roy Nourry